La Ciotat

L’âme des Frères Lumière

C’est à partir de cette ville du Sud de la France (Côte-d’Azur) que le 7è art allait partir à la conquête du monde.

La petite gare où fut tourné le 2è film des Frères Lumière

Pour tout critique de cinéma, la Ciotat est une ville-mémoire. Une ville où le 7è art a connu ses heures de gloire grâce à deux frères : Auguste et Louis Lumière. Une ville qui impose de s’y arrêter et de s’envelopper de l’esprit du cinéma. La petite gare, qui a servi de site de tournage, porte encore la marque de ce jour mémorable de 1895.

La petite gare où fut tourné le 2è film des Frères Lumière

Nous étions sur place

L’image saisissante de l’arrivée du train est placardée sur l’un des murs. Comme pour rappeler à toutes les générations qu’ici le deuxième film du monde, après «La sortie des usines Lumière», signé des mêmes auteurs, a été tourné : «L'arrivée d'un train en gare de la Ciotat». Des touristes y viennent encore en masse. La commune n’a voulu rien changer au décor. Tout est encore intact. Sauf peut-être la peinture qui a été rafraichie.

DSCF8014

Une chose encore saisissante ici, c’est l’hommage rendu aux  Frères Lumière. Quoique déjà morts, ils «vivent» à la Ciotat. La ville porte leur âme. Des monuments leurs sont dédiés, des rues, des carrefours, un lycée et la plage portent leur nom. Pourtant, au sommet de leur art, ces fils de photographe résidaient à Lyon.

Le Vieux port attire toujours

Mais la Ciotat a saisi très tôt la portée de leur invention… puisque dans cette localité, ils possédaient une résidence secondaire, baptisée «Palais Lumière».

L'Eden Théâtre

DSCF8005

La gratitude des populations est donc grande. Leur reconnaissance est sans limite. Elles n’ont qu’un mot à la bouche, c’est : «merci». Un mot que les cinéphiles du monde entier, et surtout ceux qui viennent effectuer, comme nous en ce 22 mai 2014, un pèlerinage en ces lieux, disent également  aux inventeurs du cinématographe. Surtout qu’à la Ciotat, l’une des plus vielles salles de cinéma du monde est encore debout. Durant notre séjour, l’Eden Théâtre, située boulevard Georges Clémenceau, était en pleine restauration par le comité Bernard Tavernier.

EDEN_Copie

 Hors des «salles»

plage_lumiere_la_ciotat

Au-delà des effluves du 7è art, plusieurs édifices attirent le regard à la Ciotat. La Chapelle Notre Dame de l’Assomption, par exemple, bâtie au 17è siècle, sert de lieu de prière et de musée. Ici plusieurs œuvres d’art datant des 17è et 18è siècles sont exposées.

vieux_port

En face, le vieux port ou «Port Vieux», appellation locale, d’où partent des embarcations de pêche et de plaisance, se dresse. Par ce moyen de transport, il est possible de s’éloigner de plusieurs kilomètres de la terre pour exercer ses yeux à la contemplation. Contempler les massifs rocheux des calanques, d’un blanc impressionnant… un régal. Et quand on n’a pas le cœur marin, une balade à pieds dans la ville laisse admirer la salubrité des lieux, la beauté du parc du Mugel, fourni en végétation exotique. Un fait non moins banal, la préférence des  Ciotadens pour les villas.

69545867

villa

Comme une série à rebondissement, la Ciotat se découvre en plusieurs étapes. Située à l’Est de Marseille (31km), elle impressionne par la jonction établie entre son glorieux passé et le modernisme ambiant. Fière de son histoire, elle garde encore intacte le quartier ouvrier par exemple. Ici vécurent, les maçons et autres artisans qui ont participé à la construction de la plupart des grands bâtiments de la localité. Comme un film du box-office américain, on n’y voit point matière à redire. Point de misère en vue. Elle est impeccable, attire la jet-set mondiale. Une version voudrait que la ville fût favorite pour accueillir ce qui porte la dénomination de festival de Cannes. Mais jalouse de son architecture, à laquelle elle ne voulait rien changer, la commune a préféré perdre le projet.

la rue Adolphe-Abeille , un des anciens quartiers de la ville

Aujourd’hui, elle peut se vanter d’offrir un site original, comprenant 7km de plage au sable fin, aux touristes.

G-Laurentine EYEBE ASSIGA, envoyée spéciale à La Ciotat