La Croisette militante!

82 FEMMES unies contre les inégalités dans l'industrie du cinéma

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Depuis que je suis arrivée sur la Croisette en début de semaine, comme chaque année depuis cinq ans, pour couvrir le festival de cinéma le plus couru au monde, je n’ai pas fait de publications. Vous devez certainement vous poser des questions chers lecteurs (vous êtes plus de 24000 à me lire spontanément, merci).

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Parfois, on se laisse entrainer par l’euphorie des retrouvailles et le tournis que nous imposent les stars, et beaucoup de choses importantes nous échappent. Alors, pour cette 71è édition, j’ai décidé de prendre mon temps, de bien observer et regarder ce que la télé ne vous montrera peut-être pas.

Commençons par un petit coup de gueule (ce n’est pas trop mon style). Certains me lamineront peut-être parce que je touche à un «produit marketing» qui pèse plusieurs milliers de dollars, mais permettez-moi de m’exprimer quand même (liberté de presse oblige).

 

Kendall nue à Cannes vendredi && et samedi 12 mai

Je digère mal le fait que Kendall Jenner vienne distraire la Croisette, un jour aussi important pour les femmes actrices et realisatrices que ce samedi 12 mai 2018, avec sa «culotte saillante». Pendant qu'Agnès Varda et Cate Blanchett ramènent plus de 80 femmes (on a eu du plaisir à revoir Claire Denis, une realisatrice formidable rencontrée au Cameroun lors des trophées francophones du cinéma pour lesquels j’assurai les relations presse) sur le tapis rouge pour marquer les esprits, le mannequin américain se «pavanait» dans une robe transparente, seins nus et culotte visible, sur le même tapis rouge. Après un «open show» donné la veille à la «Secret party» de Chopard... La «petite distraction» a dévié un peu l’action des femmes cinéastes qui demandent plus d’équité dans le 7e art pour elles lors de la montée des marches du film «Les filles du soleil» d'Eva Husson. Un long métrage sur les combattantes kurdes à la mise en scène de qualité.

En plus, Mlle Jenner est-elle obligée de nous la montrer chaque année sa culotte ? Une fois c’est bon. Belle surprise, on admire son corps «so perfect».Plusieurs fois, ça devient vulgaire. Un peu de place à l’imagination quand même ! Cannes 2016, MET 2017, Cannes 2018, l’effet s’estompe. Encore qu’elle n’a vraiment pas besoin de l’exposer autant au regard de sa beauté. Mais, vous me direz que c’est la mode et qu’elle est free, soit !

bis et repetita pour la fille Kendall

Pendant ce temps, le festival de Cannes suit son cours. Des films sont toujours en projection. Des soirées privées sont organisées. Chacun vient ici tirer profit des opportunités offertes par l’événement. Dans ce registre, il y a la "légion Camerounaise" (oui, mort kilométrique oblige).

Sylvie Nwet, presidente de Yarha en foulard en pleine discussion avec Véronique de l'IFC de Paris

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Alors, moi aussi, je cherche les Camerounais qui ont fait le déplacement. Même si notre pays tarde à réouvrir un pavillon ici, des cinéastes camerounais viennent à ce rendez-vous du donner et du recevoir. C'est sur le pavillon des "Cinémas du monde" que je les débusque ce jeudi 10 mai. Il fait frisquet ce soir... Ah, tiens! l'acteur Eriq Ebouaney est là.

Eriq Ebouaney

Il me doit une interview. Sur le champ, je me lance. En dix minutes, c'est dans la boite. Il nous parle d'un projet qu'il monte et surtout de sa prochaine participation à la Semaine Internationale du premier Film de Yaoundé, Yarha! D'ailleurs, la présidente de ce festival se trouve sur les lieux. C'est la seule promotrice camerounaise de festival qui est là. Elle confie être venue chercher des partenaires pour son événement qui célèbrera son 5è anniversaire en novembre prochain. Pendant que certains partagent champagne et cartes de visite, l'avenir du cinéma africain se discute également ici.

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Il y a le promoteur de Ouaga Film Lab, Alex Sawadogo, Faissol, et bien d'autres figures du 7e art africain. Nous y reviendrons en détail dans un prochain article.

G-Laurentine Assiga, à Cannes