Ce génie camerounais qui habille des Miss France

Finale régionale Miss Ile de France. Martial Tapolo au centre

L'élection Miss France 2019 a eu lieu samedi dernier. Tout le monde le sait désormais, c'est Miss Tahiti, Vaimalama Chaves, qui a remporté la prestigieuse couronne. Mais parmi ses dauphines, il y a bien une habillée par Martial Tapolo, designer camerounais basé à Paris. Il s'agit d'Alice Quérette, Miss Ile de France 2018. Pour sa belle blonde Alice aux pays des merveilles de la beauté, le créateur a dessiné une robe d'un raffinement poussé qui a ravi le juru très rigoureux de Miss France.

Son croquis validé par Miss France

 Alice Quérette, 6è dauphine Miss France 2019 en Martial Tapolo

Bien avant Miss Ile de France, d'autres reines de beautés francraises avaient déjà glissé leur corps de nyme sous ses créations.

Flora Coquerelle, Miss France 2014,

Flora coquerelle (c) Alexis Rosso

Morgane Edvige Miss World France 2016

Morgane Edvige Miss world France 2016 en tenue Martial Tapolo collection 2016

Mais qui est-il?

 

Martial Tapolo fusionne les beaux arts et la mode

 

Il figure au top de la liste des créateurs camerounais demandés sur la Croisette, chaquue année depuis cinq ans. Martial Tapolo, la quarantaine bien sonnée, la démarche saccadée, blouson en cuir aux épaules, T-shirt noir clouté, jean destroy de la même couleur, bottes aux lacets nonchalamment noués, paire de solaires visée sur le nez, débarque à Cannes par cet après-midi du jeudi ensoleillé. Des passants se retournent en le voyant déambuler sur ce boulevard de la Croisette où il nous retrouve à la Plage de l’hôtel Gray D’Albion, un 5 étoiles de la place. Il a la mode dans les gênes. Plus de dix ans de carrière, ce fils de couturière a choisi le monde du luxe, la haute couture pour exprimer son génie.

Il pose avec l'un de ses modèles 2013

Téméraire, audacieux et déterminé, le meilleur jeune styliste du Cameroun en 2009, a atteint un autre niveau. A Cannes, il habillera 5 personnalités pour leur séance Red Carpet.

La star Linda habillée par Martial Tapolo

Il a également des défilés au programme. Des espaces, «so private» au cours desquels, le meilleur créateur africain 2016 dévoilera l’étendue de son talent. En attendant, il a partagé avec nous des instants funs  au Sud de la France.

Petite pause sur une terrasse du vieux port de Cannes

Apéro au Majestci barrière

Retrouvailles nocturnes au Radisson Blue de Cannes

 

 Martial Tapolo vu par lui-même

«Je suis un perfectionniste»

Martial ok

Quand on est dans l’univers du luxe, qu’est-ce qu’on mange ? Du caviar, des huitres?…

Ah non ! Je mange du caviar quelquefois, mais je n’en suis pas particulièrement fan. Ça n’a pas autant de saveur qu’un on «Kpem» [feuilles de manioc pilées associées à la pulpe de noix de palme, Ndlr] ou un bon «Ndolè», un bon taro… Le Cameroun dispose d’une diversité culinaire très riche. Nous avons tellement de mets délicieux…. J’aime le caviar camerounais : le «nnam ngon» [mets de graines de courge, Ndlr]. Comme je suis bien intégré dans mon univers, je mange également des grillades, des salades, les fruits. J’avoue que je suis un vrai carnivore…

Tu sublimes les femmes. Un mot sur ton propre look…

(Rire) Oh mon look ! Quelle calamité (Rire) ! Je dirais qu’il est fonction de l’humeur du jour. Il y a des moments où je vais être très apprêté, version Dandy chic, Bcbg, pour ne pas briser l’étiquette. D’autres fois vraiment où je suis négligé à un point… en restant propre tout de même. Très souvent, c’est jean-t-shirt. Au Cameroun, je suis toujours en bermuda, car il fait chaud. Je suis claustrophobe, et je n’aimerai pas m’étouffer !

Au regard de tes créations, on ne t'imagine pas "négligé"...

En matière de travail, je suis perfectionniste. L'univers du luxe a ses codes et ses exigences. Il faut vraiment être pointu pour créer des silhouettes et des styles qui épousent les désirs de la femme contemporaine. Je m'inspire parfois de tout: un événement, une fleur, de l'eau. J'associe mes connaissances également, surtout dans le domaine des beaux arts, que j'ai étudiés, pour créer mes tenues. Jusqu'ici, les gens apprécient ce que je fais. Mais, à titre personnel, je pense n'avoir pas encore atteint le niveau que je voudrais. Mais ce qui se passe me réjouit déjà beaucoup.

Tes goûts en termes de parfums

Je les aime boisés, très épicés. Je reste très Terre d’Hermès. La Princesse Esther Kamatari m’a offert un Larry Bambel, «L’homme idéal», un Arsène Lupin, tous les coffrets Guerlain. J’en ai d’autres comme  «La nuit de l’Homme» de Yves St Laurent, «Dior Hommes», mais je reste fidèle à Terre d’Hermès. Je crois qu’on a toujours une senteur de fond. Après, on voltige, tel un papillon de fleurs en fleurs, pour s’envelopper d’autres senteurs.         

La chose la plus folle que tu aies faite

(Rires). Des folies, j’en ai fait ! Mais que vous dire… Je me rappelle d’une cuite de trois jours que j’ai faite avec des amis. Pendant trois jours, on ne dormait pas. On mangeait, on buvait, on nageait dans la piscine… Après, c’était un grand coma (Rires).

Un dernier mot?

(Sourire) On se dit à très bientôt sur la Croisette Laurentine, ou ailleurs dans le monde. Ciao!

Propos recueillis par G-Laurentine Assiga, à Cannes