Festival de Cannes 2025, en attendant le tapis rouge
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La Croisette s’apprête à vibrer une fois de plus au rythme des projections, des flashes et des ovations, CT fait escale sur les grands moments…
L’affiche
Du 13 au 24 mai 2025, le Festival de Cannes déroulera son tapis rouge à la planète cinéma pour une 78ᵉ édition qui s’annonce audacieuse, plurielle et résolument plus ouverte au monde. Cette année, c’est une affiche aux tonalités nostalgiques qui annonce les festivités : un hommage au film culte « Un homme et une femme » de Claude Lelouch, clin d’œil au pouvoir intemporel des histoires d’amour et de cinéma. Le ton est donné. Cette édition ouvre un dialogue entre les générations et les continents.
Le jury
À la tête du jury de la compétition officielle, l’actrice française Juliette Binoche incarne un cinéma d’émotion et d’exigence. Elle sera entourée de collaborateurs de prestige : l’Américaine Halle Berry, l’Indien Payal Kapadia, le Sud-Coréen Hong Sang-Soo, le Mexicain Carlos Reygadas, l’acteur américain Jeremy Strong et l’écrivaine franco-marocaine Leïla Slimani. Une brochette de qualité pour jauger une sélection annoncée excitante.
Côté compétition, les regards se tournent vers des valeurs sûres comme Wes Anderson, Ari Aster, Andrea Arnold ou encore Julia Ducournau. Julia Ducournau espère porter haut les couleurs françaises en soulevant sa deuxième Palme d’or, après celle de 2021 avec son film « Titane ». Mais Cannes, fidèle à sa promesse d’universalité, fait aussi place à de nouvelles voix, venues d’horizons longtemps marginalisés.
Et revoici l’Afrique ?
Après une 77è édition qui l’a rangé au placard. Le continent signe son retour en sélection officielle cette année. Le Sud-africain Olivier Hermanus « The history of sound », l’Egyptien Tarik Saleh « Les aigles de la république », le Tunisien Hafsia Herzi « La petite dernière » représente l’Afrique. Il faudra compter avec Raoul Peck à la sélection « Cannes première ». Le retour sur la Croisette de l’un des meilleurs réalisateurs de documentaires fait frémir. Il signe son comeback avec « Orwel 2+2=5 ». À la section « La Quinzaine des Cinéastes » un événement fait date : la sélection du film « Indomptables » de Thomas Ngijol, première œuvre camerounaise contemporaine à intégrer cette section réputée pour son audace narrative.
Indomptables
Dans ce drame policier intense, Thomas Ngijol, à la fois réalisateur et acteur principal, campe le commissaire Billong, chargé d’une enquête explosive à Yaoundé suite à l’assassinat d’un officier. Une enquête qui le pousse à remettre en question son environnement, sa loyauté et son pays. Le film, librement inspiré du documentaire « Un crime à Abidjan » de Mosco Boucault, scrute les lignes de fracture d’une société en tension. Autour de Ngijol, un casting fort : Thérèse Ngono, Danilo Melande, Bienvenu Roland Mvoe. La photographie signée Patrick Blossier, la musique de Dany Synthé et Isko donnent à l’ensemble un souffle esthétique puissant.
Un événement majeur pour le cinéma camerounais que l’ex « Président Bobo » a décidé d’assumer. C’est coup de marketing, qui fait franchir au « 7e art du 237 » un nouveau seuil de visibilité et de reconnaissance. « Il nous avait plutôt habitués à ses comédies, aussi bien en tant qu’acteur que réalisateur. Cette fois-ci, il change complètement de genre pour notre plus grand bonheur. Le film se déroule intégralement au Cameroun. C’est une enquête policière où il incarne l’inspecteur ; un portrait comme on ne l’a jamais vu de la société camerounaise», estime le comité de sélection de la Quinzaine des cinéastes.
Palmes, hommages et innovations
Cannes 2025 ne se contentera pas de couronner le meilleur du cinéma mondial. Il rendra également hommage, comme de tradition, à une figure marquante du 7e art. La palme d’honneur 2025 est ainsi attribuée à Robert De Niro, légende vivante, pour l’ensemble de sa carrière. Il donnera par ailleurs une master-class pour échanger avec la presse accréditée. Et dans un souci d’anticiper les mutations du récit, une section immersive s’ouvre cette année, explorant les formes narratives en réalité virtuelle. Une invitation à penser l’avenir du cinéma au-delà de l’écran.
Cette 78e édition du Festival de Cannes s’imposera certainement comme un manifeste pour un cinéma sans frontières, un lieu où se racontent les douleurs, les espoirs, les résistances et les rêves. Le reproche lui étant fait chaque fois de trop lorgner Hollywood et l’Europe, en oubliant d’autres couleurs cinématographiques notamment du continent africain. De Yaoundé à Séoul, de Buenos Aires à Dakar, de Paris à Beyrouth, le 7ᵉ art sera encore à Cannes le miroir du monde et de ses métamorphoses.
G-Laurentine ASSIGA, envoyée spéciale à Cannes