La fabuleuse ascension d'une fille de Djoum

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Ce vendredi 20 octobre, la chanteuse est annoncée en concert au "temple du bikutsi", le Carossel de Yaoundé. A l’occasion de cet événement, nous avons voulu revenir sur le profil de cette originaire de Djoum. Question de comprendre ce qui fait son succès.

Elle est née Corine Céline Ntyame. Elle s’est fait connaître dans le milieu du showbiz camerounais comme Coco Argentée en 2009. Après sept ans, elle cartonne toujours. Avec la sortie de son maxi-single «Le crayon de Dieu», elle est apparue sous un nouveau nom de scène: «La Go Galaxie The Number 1». Point de départ d’une vie amoureuse et professionnelle qu’elle dit belle et magique. La trentenaire a ouvert sa propre société de production. En exclusivité, la fondatrice du girls band «Les Felleing Girls» s’est exprimée sur ces sujets et bien d’autres croustillants de sa vie lors de notre rencontre en fin 2016. Vous en apprendrez beaucoup sur la Go Galaxie !!!

 

 

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Bonjour Coco. Quel bilan avez-vous fait de votre année 2016?

(Sourire) S’il faut faire un bilan à mi-parcours, je dirais que le mien est plutôt positif. Avant les six premiers mois, j’avais déjà réalisé beaucoup de belles choses.  J’ai terminé ma tournée européenne. Au mois de février, j’ai sorti mon maxi-single «Le crayon de Dieu», qui était tellement attendu, j’ai changé d’appellation : je suis devenue «La Go Galaxie The N°1». En quatre mois, le maxi-single est déjà présent partout : sur les réseaux sociaux, sur toutes les chaînes de télévision et de radio nationales et d’autres internationales comme Trace Tv. Il est dans le top des charts. Les spectacles continuent. Je sors de Guinée équatoriale où j’ai presté en juin dernier dans la ville de Malabo. En juillet, j’y suis retournée, cette fois, c’est la ville de Bata qui m’a accueillie. Toujours pour ce mois de juillet, j’étais en spectacle à Abidjan en Côte d’Ivoire. Après, je vais entamer une tournée en Europe et en Amérique. Ce mois, je repars à Abidjan. Très prochainement, je serai au Congo Brazzaville invitée par la fille du président. Donc, ça va très bien.

Une nouvelle année 2017 et un nouveau nom de scène, pourquoi ? Le public vous a adoptée comme Coco Argentée depuis 2009, y a-t-il eu un problème ?

(Elle respire) J’ai voulu marquer un pas en avant. Aujourd’hui, Coco Argentée évolue dans son propre label : C.A corporation. En effet, il y a eu une dislocation avec l’ancienne équipe. Il y avait une fusion avec une structure locale. Après la dislocation, je me suis mise à mon compte. Je suis redevenue mon propre producteur comme au début de ma carrière. Car, j’ai compris qu’on est mieux servi que par soi-même. J’ai créé mon entreprise qui produit et représente Coco Argentée. La structure fonctionne avec un orchestre ayant à sa tête Engelbert Bomba, une troupe de danse, une direction artistique, un secrétariat. En fait, j’ai voulu faire les choses en professionnelle.

Ça fait beaucoup de responsabilité pour vous. Est-ce facile de conduire une entreprise et rester l’artiste qui fait le show ?

(Calme) Je suis la locomotive, certes, mais les tâches de management, je les ai déléguées. Le secrétariat est là pour prendre les rendez-vous, que je valide par la suite et une équipe se charge de recontacter ces personnes. Pour les contrats de prestation, par exemple, Engelbert Bomba s’en charge. Il y a un réalisateur, pour les clips et autres productions audiovisuelles. Bref, la machine est bien huilée. Je supervise en apposant mon Ok ou en donnant des orientations pour l’amélioration des choses.

Depuis 2009 que vous êtes entrée dans le paysage musical camerounais, on a l’impression que tout vous réussit. Coup d’essai, puis, succès. Quel est votre secret ?

(Elle affiche un sourire épanoui, puis réfléchit) Avant, je dois dire que j’étais beaucoup en retrait, si bien que les gens ne voyaient pas mes réalisations. Si je réussis, je crois que c’est parce que j’ai la grâce de Dieu, j’ai l’inspiration divine et je fais des recherches personnelles. Tout ce que je fais, je prends la peine de bien le faire et avec le temps, j’ai acquis de la maturité d’esprit. Je sais déjà ce qui est bon ou non, quelles sont mes ambitions. Par rapport à mes ambitions futures, j’établis des paliers pour grandir encore. Aujourd’hui, je suis auteur-compositeur-producteur, plus tard, j’aimerais être producteur d’événement, producteur d’artiste, car je pense que le travail doit continuer même à travers d’autres personnes qui valoriseront la musique camerounaise au pays et à l’étranger. Raison pour laquelle, actuellement, nous montrons l’exemple, pour que ceux qui prendront la relève puissent bien l’assurer.

Coco, nous avons vu des photos de vous embrassant un homme vêtu de gandoura circuler sur les réseaux sociaux... Vous nous confirmez que ce n'est pas un montage?

(Elle éclate de rire. Ses yeux brillent). Non, ce n'est pas un montage. Je vis une nouvelle et belle histoire d'amour. Je me suis fiancée, il y a quelques semaines (Elle sourit). Je suis heureuse ! Cela se reflète sur moi. Voyez comment j'ai pris des kilos! Nous résidons à Douala.

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Ça se passe bien avec votre nouveau compagnon?

(Excitée) oui, ça se passe super bien! Voyez-vous, quand on vit dans le bonheur, on a des idées positives, on grandit forcément. Je suis vraiment heureuse. Dans ma vie professionnelle, cette nouvelle situation a un grand impact. Je ne veux pas faire dans l'à-peu-près. Notre entreprise a déjà des voitures. A la prochaine interview, j'en verrais vous chercher par l'un de nos véhicules (elle éclate de rire). Tout mon personnel se déplace en voiture de service. Juste pour vous assurer que je mets les petits plats dans les grands maintenant.

On peut avoir d'autres détails plus précis?

Je voudrais que le passage de Coco Argentée dans le showbiz camerounais soit marqué d'une pierre blanche. Je voudrais montrer que la musique est une entreprise. Si on s'organise bien, on peut très bien gagner sa vie. C'est possible de faire de grandes choses, si on a des ambitions et les moyens de sa politique. Je ne voudrais pas tout dévoiler pour l'instant. Je préfère que le Cameroun découvre les actions que je veux mener pour la culture, la musique et pour la jeunesse.

Y a-t-il un projet d'enfant en route, pour compléter votre bonheur?

(Elle réfléchit) Vous savez, les enfants, on ne les fait pas sur un coup de tête. Pour l'instant, je tourne encore. Je dois tout de même vous dire que j'ai déjà deux merveilleux enfants que j'aime beaucoup. Ils vivent et poursuivent leurs études en Europe. D'ailleurs, ils ont réussi à leurs examens, ils passent en classe supérieure. Donc, présentement, je suis une maman très heureuse. Pour en faire un autre aujourd'hui, il faudra faire des concessions avec mon fiancé, avec mon travail. La musique est très jalouse et je suis contrainte de faire des concessions par rapport à cet état des choses.

Le nouveau fiancé ne le prend-il pas mal?

(Elle souffle) Bon, puisqu'il m'a trouvée dans ce milieu, il s’adapte.

Le mariage est prévu pour quand?

(Elle souffle). Le mariage est prévu, ça je peux vous le confirmer sans pour autant vous donner les détails sur la date. D'ailleurs, vous serez invité et je vous informerai en temps opportun quand tout sera bien calé.

Tout même, pour vous, quel est le secret d’un mariage durable? Car, les divorces d’artistes sont courants...

(Calme) Je pense que ce sont les concessions qui font durer le mariage. Moi, je suis une femme indépendante financièrement et socialement. Dans ma vie, je pense qu'une femme doit apporter autant dans un couple que l'homme. Pour cela, elle doit travailler. Etant donné que mon travail consiste à prester de par le monde, je réside presque dans les avions. En fait, je ne m'appartiens plus, ni à ma famille, ni à mes enfants: je suis une citoyenne du monde. Donc, l'homme qui décide de m'épouser m'a trouvée là et fait avec.

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Vos incessants départs ne créent pas de vide chez vos enfants?

(Animée) En vivant déjà en Europe, mes enfants ont une conception de la vie différente de celle d'ici. On discute beaucoup. Je leur montre l'importance de ma carrière. Ils comprennent que chacun doit vivre ses rêves. Je les vois tous les jours à travers les réseaux sociaux, on communique beaucoup. Ils ont tout ce qu'ils veulent. Peut-être ma présence leur manque, mais ils sont tellement épanouis que je pense qu'ils ne se rendent pas compte de mes absences. La preuve : malgré mes voyages, ils vont à l'école et réussissent leurs études. Ça suppose qu'ils n'ont pas de pression psychologique par rapport à mes absences.

Enfant, rêviez-vous de cette vie de paillettes qui est la vôtre aujourd'hui?

(Animée) Je vais être honnêtement avec vous: oui, je rêvais de cette vie. Quand mon père nous demandait ce que nous aimerions faire comme métier une fois adulte, je lui répondais : "j'aimerai être musicienne et star, ensuite, j'irai en Belgique". Ah oui, depuis toute petite, cela est inscrit en moi. Quand mon père voit tout ça aujourd'hui, il est étonné, il ne comprend pas cette prémonition que j'ai eu. Je me rends compte, à la fin, que quand on veut quelque chose, qu'on y pense très fort, on peut réaliser ses rêves. Je crois que l'Homme est le maître de son destin. "L'Homme propose et Dieu dispose". Il peut demander à Dieu tellement qu'il finit par lui accorder sa requête. En dehors de la musique, je voulais être journaliste. J'ai fait des études en littérature uniquement pour ça. Mais arrivée en Europe, il fallait trouver un boulot tout de suite. Du coup, je me suis orientée vers le paramédical. J'ai une formation d'aide-soignante. J'estime, aujourd'hui, faire ce métier à travers mes chansons, car je peins la société tout comme le journaliste.

Coco Argentée, très fashion. Racontez-nous votre histoire d'amour avec la mode?

Ah, la mode! Pour moi, c'est au feeling, c'est un état d'esprit. Quand je dois faire un clip par exemple, je sais exactement ce qu'il me faut. Je fais mes dessins que je confie à mes stylistes pour reproduction. Je travaille avec trois stylistes. La mode, franchement j'aime bien.

Devrait-on s'attendre à voir une ligne de vêtements Coco Argentée sur le marché?

Oui, bien sûr. C’est juste une question de temps.

Vous avez toujours le sourire, mais qu'est-ce qui peut vous mettre en colère?

Les hypocrites et les égoïstes. Vous savez dans ce monde, on peut évoluer en faisant des concessions avec tout le monde.  Que l'on soit femme de ménage, jardinier, commerçant, on peut discuter et trouver un terrain d'entente. Par ailleurs, je n'aime pas les personnes qui utilisent les autres. Je n'aime pas les personnes fausses.

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Si vous étiez un oiseau, vous seriez quoi?

(Animée) Je serai une colombe, car je suis pure, vraie avec les personnes qui m'entourent. Quand je sens qu’une personne est fausse, je prends mes distances. Dans notre monde d'artistes, il y a des esprits "illuminés" qui nous mettent souvent en concurrence avec d'autres chanteuses, moi cela ne m'ébranle pas, parce que j'ai confiance en moi. Je ne regarde même pas ces manigances, car je les considère comme de la distraction. Un détournement d'attention pour que je ne poursuive pas mon œuvre. C'est une perte de temps.

Coco, nous sommes arrivés au terme de cet entretien. Un dernier mot?

Oui. Je voudrais vous remercier pour l'excellent travail que vous abattez. Vous êtes crédible et j'apprécie que vous veniez toujours à la source. Je voudrai vous témoigner ma gratitude par ces mots. Merci!

 Entretien méné par G-Laurentine EYEBE ASSIGA

 

Bio express

Naissance : août 1982.

Situation matrimoniale : fiancée

Maternité : mère de deux enfants

2003 : obtient son baccalauréat A4 et départ pour le Tchad

2006 : S’installe en Belgique

2009 : Mise sur le marché de son premier album «Dans la tanière»

2010 : Sortie officielle de «Dans la tanière»

2014 : Sortie de son deuxième album

2016 : Sortie de son maxi-single «Le crayon de Dieu»